Hoi An, la ville des lanternes

En avril, je suis partie un mois à Hoi An, au Vietnam, travailler bénévolement dans un refuge pour chats.

Je voulais originellement voir plus de ce pays dont j’entends tellement de belles choses, mais sachant que dans le Nord, ils consomment de la viande de chiens et de chats à haute dose, je ne voulais pas risquer de voir cela. J’ai donc décidé de rester dans le centre du pays, qui me paraissait plus sûr. J’ai prévu d’aller dans le Sud en Octobre.

Hoi An est une petite ville d’environ 120,000 habitants, classée patrimoine de l’Unesco depuis 1999. Son héritage multi culturel (principalement Chinois, Japonais et Français) fait la richesse de cette ville. Elle attire de plus en plus de touristes et les soirs de pleine lune, on a plus l’impression d’être à Disneyland que dans une petite ville vietnamienne. Mais cela vaut le coup. Admirer des centaines de lanternes flottant sur la rivière Thu Bon est définitivement un spectacle à ne pas manquer. Les autres soirs ne sont pas en reste avec des milliers de lanternes allumées partout dans la ville. Vraiment féérique.

La journée, à l’heure du déjeuner, et du coup l’heure la plus chaude, les rues se vident et tout devient extrêmement photogénique. Avec un peu de patience, vous aurez facilement l’opportunité d’immortaliser une vietnamienne avec son chapeau typique et sans touriste autour.

Le refuge, Jack’s cat café est tenu par Emma, une anglaise qui vit là depuis 10 ans. Le café permet globalement de financer le refuge. Emma et son mari travaillent à temps partiel à côté pour financer le reste et subvenir à leurs besoins. C’est aussi leur maison. Ils vivent 24/24 et 7/7 avec environ 70 chats (plus deux chiens et un bébé de 4 mois). Ils partagent 2 bâtiments et un grand jardin. Jardin qui permet d’accueillir les clients du café. Les chats vivent en totale liberté dans ce périmètre hautement sécurisé. Il leur est impossible d’en sortir et il est aussi impossible à des intrus d’entrer. Ce qui éloigne les kidnappeurs, ou plutôt les catnappeurs. En effet, les chats et chiens de Hoi An et alentours sont souvent kidnappés et envoyés vers Hanoi pour alimenter le marché de la viande de chats et chiens. On entend souvent parler de la viande de chiens, mais la viande de chat est aussi énormément consommée et est aussi plus cher. Les animaux errants manquant, les voleurs s’attaquent aux animaux de compagnie. Il est donc primordial de les garder en sécurité au refuge. Ce n’est pas uniquement le fait de consommer cette viande qui à mon sens est abjecte, c’est aussi la manière dont ils tuent les animaux. Selon leur croyance, plus l’animal souffre avant la mort, meilleure sera la viande… je vous laisse imaginer les sévices endurés pendant des jours. En fait, quoi que ce soit que vous imaginiez, sachez que dans la réalité, c’est encore pire…

Et je dirais que les chats sont plutôt d’accord avec cette décision… on ne peut pas dire qu’ils ont l’air stressé ici ! Avec des bénévoles et des clients à leurs petits soins, ce sont des chats heureux.

Il y a bien sûr les durs à cuire, ceux qui cherchent la bagarre toute la journée, les câlins, les joueurs, les indépendants, les curieux, les paresseux etc. Il y avait une dizaine de chatons en avril, dont Sparkle, ma petite princesse qui se collait à moi en suçotant mon t-shirt pendant des heures. Pas facile de servir les clients avec 1 bras ! Autant dire que je n’étais franchement pas la meilleure bénévole, mais bon, au moins, les chats ont eu des milliers de bisous!

Pendant mon temps libre, j’ai un peu visité les environs, en scoot ou à vélo. Seule ou avec des potes rencontrés sur place (Christelle, Brice, Noah, Maya). J’ai aussi passé de bonnes soirées avec d’autres rencontrés dans des pays visités plut tôt dans l’année (Anne, Ludo, Didier, Béné). Myanmar, Laos, Thaïlande. L’Asie du Sud-Est est vraiment petite et on a l’impression de se suivre.

Il y a la plage. Je ne me suis pas baignée, mais il paraît que l’eau est bonne.

Le site archéologique de My Son, qui a été une déception de grande ampleur pour moi… tout petit, inintéressant… Surtout parceque je suis allée aux temples d’Angkor il y a quelques années.

Les rizières verdoyantes, les villages et les habitants plus beaux les uns que les autres.

4 jours avant de partir, j’ai trouvé et ramassé un petit chaton d’environ 6 semaines sur le bord de la route dans la campagne. Je l’ai fourré dans mon sac et suis rentrée en scoot avec Maya qui l’avait remarqué. Bobbie (c’est comme ca qu’il s’appelle maintenant) mourrait de faim et de soif. Mon hôtel n’acceptant pas les animaux de compagnie, je suis restée dans le lobby avec Robbie dans les bras pendant plusieurs heures. Le refuge ne pouvait pas l’accepter faute de place. A moi de me débrouiller !

Vers 20h, le gérant de l’hôtel a craqué et m’a finalement autorisé à le monter dans ma chambre, à la condition qu’il ne sorte pas de la salle de bain. J’ai passé la nuit et la journée suivante allongée sur le carrelage de la salle de bain avec le chaton autour du cou. Pendant ce temps, je postais des messages sur les comptes Facebook des expats de Hoi An pour lui trouver une nouvelle famille. Emma faisait de même de son côté auprès de familles qu’elle connaissait. Repartant quelques jours plus tard, je voulais absolument lui trouver une nouvelle famille avant. Beaucoup de stress, mais finalement, tout s’est bien terminé, et à 18h un couple de français vivant à Hoi An est venu le voir et en est tombé amoureux. En même temps, vu sa bouille, il ne pouvait en être autrement !

Ce serait arrivé en France ou en Europe, je l’aurais bien évidemment gardé, mais il était trop jeune pour voyager et j’ai encore plus d’un an de voyage devant moi…

J’ai donc passé un mois au Vietnam mais je ne peux pas dire que je connaisse ce pays. Hoi An est très à part je pense. Je ne regrette pas de ne pas être monté au Nord car des personnes rencontrées m’ont confirmé avoir vu des restaurants et étalages de chiens et chats. Déjà à Hoi An, en travaillant dans le refuge, ce marché clandestin m’a touché plus que je ne le pensais. Depuis mon départ, 2 chatonnes ont été adoptées. Je suis contente pour elles, mais en même temps, j’ai peur qu’elles se fassent un jour kidnapper maintenant qu’elles ne sont plus dans l’espace sécurisé du refuge.

Je garde donc un sentiment mitigé que j’espère renverser en octobre lors de ma visite dans le Sud.

 

Pour les photos du Vietnam, c’est ici

Pour faire un don à Jack’s cat café, c’est ici. Ils en ont besoin et font vraiment un boulot impressionnant!

3 thoughts on “Hoi An, la ville des lanternes”

  1. Bravo pour ta mission d’adoption accomplie trop mignon le Ti père! vas y- trouve toi un job crée un site digitale pour sauver tous les animaux world wild!!! C’est génial! Encore merci pour le collier d’Inde!

  2. Bonjour Pauline. Merci pour ce beau compte rendu et ces extraordinaires photos ( comme d hab ! ) qui restituent bien l ambiance et les couleurs merveilleuses de Hôi An. Contente que tu aies aimé cette petite ville que j ai faite mienne il y a pas mal d années maintenant. Elle est vraiment unique et il fait bon y vivre à un rythme nonchalant.
    Les chats d Emma sont magnifiques ! J avais visité les lieux il y a 3 ans, avant que tous les chats y soient et que ce ne soit ouvert. Oui, un bien bel endroit pour une belle vie pour tous ces minets.
    Nostalgique en revoyant Hôi An la belle

  3. YAPA ! C’est une vraie plaie les croyances ! Surtout quand elles impliquent les souffrances d’autres êtres humains.
    Comme toi, j’espère que la version sud d’octobre te donnera une autre image de ce pays. Mon médecin de famille quand j’étais petite était vietnamien… Et je l’aimais beaucoup.
    Bisous et à bientôt

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